
Jeanne Baptiste Anne de Poligny
1772 - 1809
Pastelliste amateur, Jeanne-Baptiste-Marie-Antoinette-Anne de Poligny, fille du Comte Charles Claude de Poligny et de Marie Anne Josèphe de Mignot de la Bevière, naît à Besançon le 30 juin 1772.
Elle est probablement identifiable à la jeune femme mentionnée en 1789 parmi les chanoinesses non professes de Lons-le-Saunier. Son appartenance présumée à cette institution, réservée aux jeunes filles de la noblesse, témoigne de son insertion dans les milieux aristocratiques de la province. Contrairement aux religieuses ayant prononcé des vœux définitifs, les chanoinesses non professes conservaient la possibilité de quitter le chapitre pour se marier.
Les circonstances de sa formation artistique demeurent inconnues. Elle aurait pu s'initier à la technique du pastel à Besançon, peut-être auprès du peintre Jourdain, dont l'enseignement reste toutefois à confirmer. Sa pratique s'inscrit dans la tradition de l'éducation artistique des jeunes femmes de l'aristocratie, pour lesquelles le dessin et la peinture constituaient des éléments de formation et des activités de distinction sociale. Plusieurs pastels qui lui sont attribués témoignent d'une activité poursuivie pendant la Révolution, notamment une Vierge à l'Enfant (1793), une Diane (1796) et un Cupidon endormi (1798). Le choix de sujets religieux et mythologiques révèle un répertoire iconographique caractéristique de la culture artistique de la fin du XVIIIe siècle.
En 1802, elle épouse Antoine-Jean-Baptiste Le Prestre, vicomte de Vauban (1758–1832), troisième fils du marquis de Vauban. Officier de cavalerie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et ancien capitaine au régiment de la Reine-Cavalerie, celui-ci avait quitté la France pendant la Révolution et trouvé refuge en Russie, à l'instar de nombreux officiers issus de la noblesse demeurés attachés à l'Ancien Régime.
Après son retour en France, le couple s'établit à Besançon. Le vicomte de Vauban y connaît une situation financière précaire, dans un contexte marqué par les conséquences durables de l'émigration et les transformations économiques et sociales consécutives à la Révolution.
Jeanne Baptiste meurt à Besançon le 27 novembre 1809, à l'âge de trente-sept ans.
Son œuvre, encore peu documentée, illustre la place discrète mais significative occupée par les femmes de la noblesse provinciale dans la pratique du pastel à la fin du XVIIIe siècle. Les quelques compositions qui lui sont attribuées permettent d'entrevoir une activité artistique personnelle, exercée en dehors des institutions officielles et des circuits professionnels de la peinture.
Œuvres au pastel répertoriées

Cupidon endormi
pastel 37 X 45 - 1798

Vierge et l'Enfant
pastel 44 X 35 - 1793

Diane
pastel 37 X 45 - 1796
Œuvres au pastel non répertoriées
Collection privée

Le petit berger au repos
pastel - vers 1792

La bergère et ses hôtes
pastel - vers 1792
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"Histoire illustrée"
