
Famille Reumont
Cette famille originaire du Hainaut, tire son nom du village de Reumont d'où elle a émigré au milieu du XIIe siècle pour s'installer non loin de là dans la ville du Quesnoy.
Cette migration intervient à l'occasion de la fondation de la ville en 1150 par Baudoin IV, comte de Hainaut qui rassemble les habitants des environs en leur offrant des avantages (exemption de la dîme, etc...):
Ces importants privilèges sont garantis par une charte.
Baudouin dit "l’Édifieur" fait entourer la cité quercitaine de fossés et de remparts et y construisit un important château devenu le centre des fortifications de la ville.
Il était dominé par une tour élevée et son ensemble constituait une véritable forteresse.
Les Reumont font parti des tous premiers bourgeois - marchands de la ville. Leur blason rappelle l'importance de cette tour ainsi que le symbole des feuilles de chênes dont leur ville d'adoption tire l'étymologie (Quesnoy = lieu où poussent les chênes).
Charles Reumont, né vers 1620, est semble-t-il le 1er écuyer de cette famille.
Son petit fils Pierre I Reumont (1657 - 1748) épouse Elisabeth Bouloigne descendante directe des seigneurs de Quiévy.
2 enfants: Marie-Joseph et Pierre
Pierre II (1694-1771) se voit proposer dès 1714 un poste de Piqueur du Roy. En effet, les Hollandais, qui occupent la ville derrière ses remparts depuis 1712, réalisent le projet initial du célèbre architecte militaire Vauban et édifient un ouvrage à corne à la porte Fauroeulx ainsi que quelques redoutes.
Pierre II épouse Catherine du Château vers 1717
A partir de 1720, d’autres améliorations sont effectuées sous son contrôle.
2 enfants: Pierre et Constant
Son fils Constant François Reumont (1731-1813) est un mondain, plus sensible à l'esthétique qu'aux massifs remparts de sa ville.
Inspiré par la réussite d'un cousin germain, il part à Valenciennes pour apprendre le métier de Maître Perruquier.
Cette corporation est issue de celle des "barbiers" qui s'est subdivisée après avoir été originellement confondue avec celle de chirurgien, laquelle "versait le sang", ce qui était interdit aux clercs qui formaient l'essentiel du corps médical.
Il sera donc "barbier barbant".
Il trouve un premier poste d'assistant perruquier à Saint-Quentin dans le Vermandois chez Denis Remy, un jeune veuf de 28 ans, "Maître Perruquier", qui vient d'épouser en deuxièmes noces, le 21 avril 1761, Marie-Thérèse Minette.
Il semble que Constant François s'installe dans la maison du Maître.
Ce dernier décède 6 mois plus tard pour une raison inconnue.
Sans coup férir Marie Thérèse épouse alors Constant, l'assistant de son feu mari,. le 27 novembre 1762.
Thérèse Minette transmet aussi tôt le fond de commerce à son nouveau mari.
C'est ainsi que Constant Reumont devient lui même "Maitre perruquier" et prospère ainsi, fixant à Saint-Quentin la suite de la saga familiale.
3 enfants: Constant, Jean et François
L'époque des perruques est révolue lorsque son fils François Nicolas Joseph Reumont (1779-1853) est en âge de travailler.
En 1815, à 26 ans, il épouse Marie Legrand, la fille du Directeur d'une manufacture de linge de table et d'étoffes de fil.
C'est le déclic, François est un homme ambitieux qui se donne tous les moyens de réussir ses affaires.
Il saisit l'opportunité de s'associer avec son beau-père pour vendre les produits textiles de la fabrique.
Il multiplie les déplacements à Paris, devient membre du Conseil Municipal de Saint Quentin, ville alors prospère aux mains des marchands de toiles à l'image de son Maire et active ainsi de nombreux réseaux.
Il est avant tout un "marchand - négociant" de tissus en gros, actif dans les réseaux commerciaux reliant l'entrepôt saint-quentinoise au marché parisien où il crée une représentation. Son commerce est alors connu vers 1820 sous la forme Reumont-Legrand.
Le succès est au rendez-vous. François finit par accumuler une véritable fortune.
3 enfants: Louis, Emile et Louise
Son fils Louis Adolphe Reumont (1800-1883), Officier de la Légion d'honneur, poursuit brillamment l'activité de négoce de son père à Saint Quentin avec pour spécialité les tissus imprimés et teints. L'entreprise est renommée "Reumont - Legrand Jeune".
Il multiplie par ailleurs avec succès d'importants investissements dans l'industrie du sucre betterave de la région mais aussi sur le marché boursier parisien.
Il épouse sa cousine germaine Emilie Constance Reumont en 1820.
Il quitte Saint Quentin vers 1854 pour s'installer à Paris, au cœur de la vie économique du pays et choisit de s'installer dans un des tout premier immeuble de style Haussmannien au n° 23 de la rue Tronchet.
Grand collectionneur d'art (comme l'atteste deux ventes aux enchères après sa mort) il se passionne pour l'art pictural de la Renaissance et devient un spécialiste des œuvres du peintre italien Andréa del Sarto (XVIe sc).
Le couple se fait enterrer dans un caveau qu'il fait construire pour lui et sa descendance par l'obtention d'une concession perpétuelle au cimetière du père Lachaise à Paris.
3 enfants: Joseph Constant, Louise Emilie et Adolphe Constant
Son fils Adolphe Constant Reumont (1841 - 1914), vit encore à 46 ans au domicile où vécurent ses parents avant de décider de se marier.
Sans autre activité que "propriétaire", il vit des rentes du capital constitué par ses ancêtres.
Il épouse en 1886 Zoé Quentin de Poligny, l'aînée des deux sœurs de cette dernière et, à défaut de descendant mâle, héritière du titre de comtesse de Poligny.
Adolphe est Rentier le restant de sa vie et connu désormais sous le nom de Reumont de Poligny.
Ce nom est transmis et d'usage jusqu'à ce jour.
1 fils: François-Xavier

Porte du Quesnoy

François Reumont (1779 - 1853)

Louis Adolphe Reumont
en tenue d'aparat - Légion d'Honneur

Louis Adolphe Reumont (1800 - 1883)

Caveau familial
Cimetière du Père-Lachaise (Paris)


Son épouse, Emilie Constance Reumont (1801 - 1878) avec les enfants, Joseph et Louise

Adolphe Constant Reumont (1841 - 1914)
dit "Reumont de Poligny"

son épouse, Zoé Reumont de Poligny (1856 - 1941)
(née Quentin de Poligny)

son fils François-Xavier (1898 - 1975)
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